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Motion du congrès de la Fnaut à Strasbourg

17 Mai 2017

Lors de son 20e congrès à Strasbourg en octobre 2016, la Fnaut a adopté une motion adressée au gouvernement portant sur sa politique des transports.

La Fnaut y dénonce avec sévérité une politique des transports sans vision à long terme, qui ignore les objectifs de la loi sur la transition énergétique adoptée en 2015 et les engagements pris lors de la COP 21 comme les exigences du service public et de l’aménagement du territoire.

Cette politique est, en effet, essentiellement centrée sur la mobilité routière (et pourtant bien peu courageuse en matière de sécurité routière) et sur une obsession de la traction électrique. Un ensemble de décisions incohérentes laisse aujourd’hui le système ferroviaire dans une situation catastrophique.

 

Motion du 20e congrès de la Fnaut

 

De l’avis général des congressistes, la situation du secteur des transports s’est profondément dégradée depuis 2014 : le cri d’alarme lancé par la Fnaut à Nantes lors de son précédent congrès n’a pas été entendu : les décisions du gouvernement ne sont pas à la hauteur des enjeux sociaux (droit au transport, sécurité routière), économiques (dépendance pétrolière, emploi) et écologiques (nuisances, dérèglement climatique). La motion adoptée par le congrès reprend les principales revendications de la Fnaut en matière de choix des nouvelles infrastructures de transport, d’exploitation du réseau ferré, de complémentarité des modes et de fiscalité écologique. La Fnaut appelle le gouvernement à réviser sa politique des transports, et en particulier sa politique systématiquement défavorable au rail. Cette révision doit porter sur les points suivants.

 

Le choix des nouvelles infrastructures de transport 

– Les projets inutiles et nocifs pour l’environnement doivent être abandonnés (autoroutes telles que l’A45, le GCO et la Nouvelle route du littoral ; aéroport de NDDL ; canal Seine-Nord ; LGV Poitiers-Limoges ; gares TGV exurbanisées de la transversale sud).

– Les crédits disponibles concentrés sur les investissements d’avenir, urbains et ferroviaires.

– Un 4e appel à projets de TCSP urbains doit être lancé rapidement et porter en particulier sur la revitalisation des étoiles ferroviaires urbaines.

– La régénération du réseau ferré classique doit être accélérée (les zones de ralentissement des trains doivent être traitées en priorité).

 

Les déplacements urbains

– Un Plan de déplacements urbains visant à une réduction de la circulation automobile doit être rendu obligatoire dans les agglomérations de moins de 100 000 habitants.

– La réforme du stationnement doit être mise en place rapidement.

– L’indemnité kilomérique vélo doit être revue pour devenir plus incitative à l’usage du vélo lors des déplacements domicile-travail.

– L‘expérimentation du péage urbain doit être autorisée sans conditions.

– L’Education nationale doit établir un plan de déplacements concernant les personnels et les élèves afin de réduire, en particulier, l’accompagnement automobile des enfants.

– Lors des pics de pollution, l’instauration de la circulation alternée doit être décidée automatiquement. La gratuité des transports est inutile, et coûteuse.

 

L’exploitation ferroviaire

– L’Etat-stratège doit jouer son rôle et élaborer un schéma national des services ferroviaires.

– Il doit exiger de la SNCF qu’elle développe en priorité ses activités ferroviaires en France et corrige sa politique malthusienne d’offre, en particulier l’offre Intercités de jour et de nuit, et même, aujourd’hui, l’offre TGV.

– Un réseau de services radiaux et transversaux Intercités doit couvrir l’ensemble du territoire et assurer la desserte des villes moyennes.

– L’exploitation des trains TER et TET en délégation de service public doit être autorisée.

– Une instance permanente de concertation entre l’Etat, la SNCF et les utilisateurs des Intercités et des TGV doit être créée.

 

Le transport par autocar 

– L’Etat doit imposer une complémentarité entre services ferroviaires et services d’autocar à longue ou moyenne distance : ces derniers doivent être interdits dès qu’ils concurrencent un service ferroviaire conventionné, TER ou TET.

 

Le transport du fret

– Les 1 500 km de lignes ferroviaires capillaires dédiées au fret et menacées de disparition doivent faire l’objet d’un programme prioritaire de régénération.

– L’autoroute ferroviaire alpine doit être prolongée jusqu’à Lyon. Le projet d’autoroute ferroviaire Atlantique doit être relancé rapidement.

– La lutte contre le dumping social et la fraude doit être intensifiée.

 

La sécurité routière

La vitesse est la principale cause, directe ou indirecte, de l’insécurité routière.

– Les vitesses maximales autorisées sur les routes ordinaires, les voies express et les autoroutes doivent être réduites de 10 km/h afin d’améliorer la sécurité routière et réduire la consommation de carburants.

– Une campagne nationale en faveur de l’écoconduite doit être lancée.

 

La réforme territoriale 

– La gestion des routes départementales doit être confiée aux Régions.

– La gestion des voiries communales doit être confiée aux intercommunalités.

– La gestion du stationnement (sur voirie et dans les PK) doit être confiée à l’autorité organisatrice de mobilité.

 


Pour en savoir plus :

Présentation de la Fnaut

20e congrès de la Fnaut à Strasbourg

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