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Les transports urbains à la veille d'une crise

09 Jan 2015

Les transports collectifs urbains occupent une place grandissante dans la vie quotidienne des Français. Mais, comme celui des transports ferroviaires, leur développement est menacé.

Une situation d’urgence

Les transports collectifs sont saturés dans les zones denses et sous-développés dans les périphéries. La situation ne peut que s’aggraver à l’avenir car la demande de transport public est croissante.

La population croît (+ 15 % d’ici 2040 selon l’INSEE), le niveau de vie d’une partie de la population diminue, les jeunes se détournent de l’automobile.

Un étalement urbain non maîtrisé, générateur de trafic automobile pendulaire, se poursuit sans limites. Le déséquilibre entre zones d’habitat et zones d’emploi persiste ou s’accentue. Par suite la congestion des voiries se renforce et rend l’usage de la voiture de plus en plus difficile.

Les citadins sont exaspérés par les nuisances d’un trafic automobile pléthorique (pollution de l’air, bruit, manque d’espace public, insécurité,…), et c’est la santé publique qui est en jeu.

Le dérèglement climatique s’accentue dangereusement et rend urgent un développement des modes de déplacement peu émetteurs de gaz à effet de serre.

Un contexte politique défavorable

Le gouvernement se désintéresse des transports publics : ils sont à peine cités dans le projet de loi sur la transition énergétique, qui se préoccupe surtout de la voiture dite « propre » (mais aussi encombrante qu’une voiture ordinaire), à laquelle des sommes très importantes sont consacrées.

Il abandonne l’écotaxe. Il relance les investissements routiers (autoroutes urbaines A45 et A31 bis, contournements d’agglomérations : Strasbourg) et cherche à geler les péages autoroutiers « pour préserver le pouvoir d’achat des automobilistes ».

Le taux de TVA sur le transport public, un produit de première nécessité, a été porté de 7 à 10 %.

Les ressources des collectivités locales se réduisent dangereusement : les dotations de l’Etat diminuent, le produit du versement transport des entreprises stagne en raison de la crise économique.

Depuis les élections municipales de mars 2014, beaucoup de nouveaux élus favorisent le retour de la voiture en ville. Des projets de transport collectif en site propre (TCSP) sont abandonnés : tramway (Amiens, Montpellier, Nîmes, Tours), bus à haut niveau de service (BHNS) (Niort),… Des places piétonnes sont transformées en parkings (Auray, Béthune, Roubaix). Des couloirs bus et des bandes cyclables sont supprimés (Pau, Toulouse). Le stationnement devient gratuit le samedi (Angers, Chambéry, La Roche/Yon, Rouen).

 

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