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Collision de Coquelles : raison garder

16 Oct 2026

Le jeudi 15 octobre, un minibus d’Eurotunnel est entré en collision avec une navette de fret sur le terminal transmanche de Coquelles. Présenté dans les premières heures comme une « catastrophe ferroviaire », l’accident s’est révélé être un accident de la circulation interne au terminal. Interrogée par franceinfo TV, la Fnaut a appelé à la prudence.

Ce que l’on sait

Les premières dépêches et les premiers reportages évoquaient une collision entre un autocar et un train sur un passage à niveau à l’entrée du tunnel sous la Manche. Au fil de la journée, les faits se sont précisés : il s’agissait d’un minibus d’Eurotunnel transportant des conducteurs routiers dont les poids lourds venaient d’être chargés sur une navette de fret, et qui a heurté cette même navette à l’intérieur du terminal.

Autrement dit, il ne s’agit ni d’un accident survenu sur le réseau ferré ouvert, ni d’un accident de passage à niveau au sens habituel, mais d’un accident de circulation sur un site industriel fermé, où véhicules routiers et matériel ferroviaire cohabitent selon des règles d’exploitation propres.

Attendre les enquêtes avant de conclure

La Fnaut a d’abord rappelé une évidence trop souvent oubliée dans l’urgence médiatique : seules les enquêtes judiciaire et technique permettront d’établir les causes de l’accident. Avant leurs conclusions, toute affirmation sur les responsabilités — erreur humaine, défaut de signalisation, procédure inadaptée — relève de la spéculation.

La Fnaut suivra avec attention les conclusions de ces enquêtes, et notamment les éventuelles recommandations portant sur l’organisation des circulations internes au terminal.

Un retentissement qui dit, en creux, la fiabilité du rail

Le très large écho donné à cet événement mérite d’être relevé. Si un accident de ce type fait l’ouverture des journaux, c’est précisément parce qu’il est rare. Environ 400 trains franchissent chaque jour le tunnel sous la Manche — Eurostar, navettes passagers et fret, trains de marchandises —, et cela depuis plus de trente ans, dans des conditions de sécurité qui font du lien transmanche l’un des systèmes de transport les plus sûrs d’Europe.

Cette médiatisation atteste donc, a contrario, de la fiabilité du système ferroviaire dans son ensemble. Le contraste est frappant avec la route, où les accidents mortels quotidiens ne suscitent plus qu’une attention marginale.

Informer avec rigueur

La Fnaut a accepté d’intervenir sur ce sujet en raison des approximations entendues dans les premières heures de couverture. Qualifier de « catastrophe ferroviaire » un accident de circulation interne à un terminal n’est pas anodin : cela entretient auprès du public une image d’insécurité du train que rien ne justifie.

La Fnaut, qui défend les usagers des transports collectifs, rappelle que l’information du public sur la sécurité ferroviaire exige rigueur et vérification des faits, d’autant plus lorsque l’émotion est forte.

 

Crédit image : France info