FNAUT - La voix des usagers

Nos actualités

Une tarification à adapter

14 Déc 2020

L’épidémie va diminuer durablement les ressources financières de ménages de plus en plus nombreux (travailleurs pauvres, emplois à temps partiel ou disparus, autoentrepreneurs à activité réduite, commerçants fermant boutique, etc..).

Or en Région Pays de la Loire, les tickets sur critères sociaux sont réservés à de rares bénéficiaires (carte “mobi” pour chercheur d’emploi et demandeur d’asile). Le nombre de voyages assurés avec cette carte dépasserait juste le 1% des voyages. Dans les réseaux urbains qui appliquent une tarification solidaire ou sociale, c’est en général de 20 à 25% des ménages qui bénéficient de fortes ristournes ou même de la gratuité.

Les billets “ecco” accessibles seulement par internet jusqu’à la veille du voyage ont plus de succès, mais sont d’accès contraignant, de tarif variable et adaptés aux usages occasionnels. La Région met également  en avant les billets peu chers permettant d’accéder aux grands évènements régionaux, de voyager en groupe, ou attribués lors de ventes flash ponctuelles.  Grâce à l’élargissement des publics occasionnels, la fréquentation du train a été augmentée. Mais ces billets ne sont généralement accessibles que par internet ou smartphone, ce qui élimine une large  part des usagers peu fortunés. Et la majorité des possesseurs de smartphone ne les utilise d’ailleurs pas pour organiser ses déplacements.

Ces ventes “d’opportunité ou promotionnelles” ne répondent pas aux besoins quotidiens des familles à faible revenu, qui peuvent avoir des déplacements réguliers à assurer et qui ne peuvent dépendre d’offres irrégulières et nécessitant un équipement personnel. Le transport scolaire ne prévoie pas non plus de réduction pour familles à faible revenu.

Des régions voisines, Bretagne et Nouvelle Aquitaine, mais aussi les plus peuplées, comme l’Ile de France et Auvergne Rhône Alpes, disposent de cartes de réduction accordant une réduction de 75% ou 80 % sur les billets TER aux personnes qui bénéficient de minima sociaux ou dont le quotient familial est faible.

C’est le moment de mettre en œuvre une tarification adaptée aux moyens des économiquement faibles.