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Les enjeux du transport nécessitent une inflexion de la politique régionale

01 Août 2021

Les élections régionales ont confirmé l’équipe en place, menée par la Présidente de la Région Pays de la Loire ; Roch Brancour redevient Vice Président en charge des infrastructures, transport et mobilités durables de la Région Pays de la Loire.

Mais ces élections ont été marquées par une très faible participation et le peu d’échange préalable portant sur les transports, qui représentent pourtant un quart du budget régional et un quart des émissions de Gaz à Effet de Serre. De nombreux ligériens par manque de moyens ou d’offre doivent limiter leurs déplacements.

Un engagement pour une meilleure utilisation du réseau existant et la poursuite de l’appui aux déplacements de proximité moins ou non carbonés

La présentation quelques mois avant l’élection d’une « Stratégie Régionale des Mobilités pour 2030 » avait cependant montré en temps utile l’engagement du Conseil Régional pour une meilleure utilisation des infrastructures existantes. Si les objectifs de desserte sont affirmés, les programmes nécessaires à leur mise en œuvre (amélioration des capacités des voies et matériels roulants) sont peu détaillés et laissent présager des difficultés.

Une application rapide du SRM est nécessaire, et en particulier :

  • Augmentation de l’offre régionale, amorcée actuellement le WE et en heure creuse, telle qu’annoncée (un arrêt par sens chaque heure dans la grande majorité des gares). Pour les cars il est prévu un doublement du kilométrage des dessertes.

  • Tarification intégrée régionale couvrant aussi les réseaux urbains, les modes complémentaires du transport collectif. Cette tarification doit être pleinement accessible sans équipement individuel, par exemple par carte spécifique.

  • Mise en œuvre de la tarification sociale, au profit des ménages à faible revenu, comme dans de nombreuses régions.

  • Programme régional pour remédier à la fermeture des guichets et faciliter l’intermodalité ; cet enjeu ne doit pas être laissé aux bons vouloirs des opérateurs ou des collectivités locales. La défenseure des Droits a constaté la mise à l’écart d’une partie des voyageurs par le recours au tout numérique et l’absence d’équipements d’achat en gare. La FNAUT a déjà demandé la mise en œuvre d’une quarantaine de pôles de mobilité pour couvrir espaces ruraux et périphéries urbaines ( avec horaires larges et personnel compétent), et la multiplication dans les arrêts transport des équipements accessibles à tous pour s’informer et acheter.

  • Renforcement de liaisons interrégionales telles Nantes / Brest, Nantes / la Roche- sur-Yon / la Rochelle, La Roche-sur-Yon / Saumur / Tours.

  • Développement des TAD, et appui aux collectivités pour répondre aux besoins de proximité (vélos et VAE, véhicules partagés), équipements et procédures facilitant l’intermodalité train/vélo.

Des transports plus fiables

Les usagers sont très soucieux de disposer de transports fiables et intermodaux, souci exprimé dans un questionnaire commun préélectoral avec le Collectif Vélo régional et avec l’UFC Que Choisir, transmis aux candidats. L’équipe réélue y a répondu et nous attendons une amélioration nette de la situation, dans le prolongement des actions entreprises.

Des transports publics plus proches des territoires et des besoins, articulés avec le développement du vélo, sont nécessaires pour des objectifs de baisse des émissions de GES, toujours non définis à l’échelle régionale .

Au delà du programme acté par la SRM, les évolutions climatiques et le poids stable du secteur des transports dans les émissions de GES montrent la nécessité d’infléchir rapidement la répartition entre modes de déplacement :

  • Création de dessertes (fer ou route) sur de nouveaux axes : de nombreux ligériens sont éloignés de toute offre de transport moyenne distance performante. Des axes routiers chargés ne disposent toujours pas d’offre en transport collectif capable de répondre aux besoins de déplacement. Il est toujours question de doubler des axes routiers alors que l’offre du transport public y est faible (ex. Nantes / Pornic, Fontenay le Comte / la Rochelle) ou inexistante (ex. Clisson / Ancenis ou Ancenis / Nort-sur-Erdre / Blain).

  • Mise en œuvre de Services Express Métropolitains en coopération avec les Autorités Organisatrices de la Mobilité de Nantes, Angers, le Mans, pour augmenter fortement les fréquences, créer des liaisons diamétrales, articuler TER, transports urbains et modes actifs.

  • Développement des liaisons ferroviaires longue distance en substitution et/ou en complément de trafics aériens domestiques. Même si ce n’est pas de sa compétence, la Région au delà du cofinancement nécessaire de l’interconnexion Sud en banlieue parisienne au profit des TGV dits intersecteurs, peut jouer un rôle actif pour attirer de nouvelles dessertes, telles des « Trains d’Equilibre du Territoire » (vers Rouen et Lille, via Angers et le Mans), et des trains de nuit (vers les Pyrénées, la Méditerranée et les Alpes).

Cela passe par une réorientation des financements. Cela passe aussi par une écoute et des échanges plus ouverts avec la société civile en général et les associations d’usagers en particulier.