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Le référendum sur Notre-Dame-des-Landes : une consultation biaisée, un projet dépassé

21 Juin 2016

Le «  référendum local consultatif » du 26 juin sur le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes est organisé sur un périmètre inadapté. La Fnaut invite cependant les habitants de la Loire-Atlantique à y participer et à se prononcer contre ce projet inutile, anti-écologique et dispendieux.

Une consultation biaisée

Dès lors que l’aéroport est présenté comme l’aéroport du Grand Ouest, le périmètre du référendum devait être étendu aux régions Pays de la Loire et Bretagne, et non limité arbitrairement à la Loire Atlantique, comme si l’enjeu du projet n’était que local. L’Etat étant maître d’ouvrage du projet et s’étant engagé financièrement, c’est même toute la collectivité nationale qui est concernée.

Un projet dépassé

Le projet de nouvel aéroport, né dans les années 1960, n’a aucune pertinence économique. Il repose sur une illusion : la zone de chalandise du Grand Ouest (7 millions d’habitants) est bien trop limitée pour justifier des liaisons aériennes fréquentes avec les métropoles internationales (USA, Chine,…). L’aéroport de Lyon-Satolas, qui dessert une zone presque deux fois plus peuplée, a dû réduire ses vols long-courriers.

Une simple modernisation de l’aéroport existant de Nantes-Atlantique permet, à un coût plus modeste, de répondre aux besoins prévisibles et de le raccorder aux transports locaux, train ou tram. On peut également améliorer les pré et post acheminements des passagers aériens par TGV entre le Grand Ouest et les aéroports parisiens, où les dessertes long-courriers sont fréquentes et très diversifiées.

Le nouvel aéroport détruirait un espace naturel et agricole précieux et favoriserait le mode de transport le plus gros consommateur d’énergie fossile et le plus fort émetteur de gaz à effet de serre. Ce projet est totalement contradictoire avec les objectifs de la loi sur la transition énergétique et de la COP 21.

Enfin, alors que les difficultés budgétaires freinent le développement indispensable des transports collectifs urbains, régionaux et inter-régionaux, l’Etat et les collectivités territoriales concernées ont mieux à faire de l’argent public que de le gaspiller dans un investissement (aéroport et accès routiers) inutile, coûteux et dangereux pour l’environnement.

La Fnaut appelle donc les électeurs de Loire-Atlantique, malgré le caractère très contestable de la consultation, à exprimer, le 26 juin, leur opposition au projet de Notre-Dame-des-Landes.

 

Rappel – Un troisième aéroport parisien – autre ineptie technique, financière et écologique – a été longtemps considéré comme indispensable, mais a été subitement abandonné en 2002 : il n’en est résulté aucune catastrophe économique. Le déplacement de l’aéroport de Toulouse, plus fréquenté que celui de Nantes et gênant un plus grand nombre de riverains, a lui aussi été abandonné.