Ce baromètre mis en place par Wimoov depuis 2020 suite à la Loi d’Orientation des Mobilités permet d’observer l’évolution des pratiques de mobilité des Français dans le temps et d’orienter les décideurs en matière de mobilité, en particulier en direction des publics les plus fragiles.
31% des Français en situation de précarité mobilité
La version qui vient de paraître met en avant que la « précarité mobilité » qui touche 17 millions de Français, conséquence de la précarité économique, est aussi la cause de la précarisation, puisqu’elle est un frein à l’emploi, à l’accès à la santé et aux services.
40% des Français ont déjà renoncé à au moins un déplacement du quotidien du fait de difficultés liées au transport. Cette donnée atteint même 47% pour les jeunes.
La mobilité devient un déterminant de la vie sociale et professionnelle et de la santé: 26% des demandeurs d’emploi ont renoncé à un emploi en raison d’impossibilité de se déplacer.14% ont renoncé à des rendez-vous médicaux.
Une information déficiente
53% déclarent qu’ils n’ont pas connaissance des possibilités de réduction tarifaire pour se déplacer (aides à la mobilité, cartes, abonnements).
40% des automobilistes éligibles basculeraient vers les transports en commun avec des aides tarifaires, ils représentent 48 % chez les moins aisés.
38% des Français se déplaceraient davantage s’ils avaient plus d’informations, ils sont 60% chez les jeunes. La demande porte sur les horaires, les lignes, les abonnements, les travaux.
Perception des transports en commun
Les usagers déplorent la fiabilité insuffisante, les lieux d’attente inadaptés et le sentiment d’insécurité, pour les femmes en particulier. Mais ils soulignent l’aspect pratique des transports en commun.
L’enquête révèle que, si la multimodalité est en hausse, en particulier entre voiture et transports collectifs, les difficultés persistent puisque les temps d’attente sont trop longs et les trains trop souvent en retard.
Cependant 63% des automobilistes estiment qu’en cas de défaillance de leur véhicule, il leur serait difficile ou impossible de se déplacer par un autre mode de transport.
Les préconisations de la Fnaut
Les données produites par ce baromètre recoupent très largement les constats de la Fnaut et ses engagements pour développer les transports collectifs et favoriser le report modal.
Les associations locales adhérentes de la Fnaut déplorent le manque d’information des voyageurs dans les gares, dont les guichets sont trop souvent fermés, si la gare n’est pas purement et simplement fermée. L’utilisation des automates est parfois complexe ou peu ergonomique. Les arrêts des cars ou bus de leur côté sont mal signalés et mal entretenus.
La tarification est obscure et diffère d’une région à l’autre. Sans oublier les freins liés à l’illectronisme ou au manque d’accessibilité. L’offre reste insuffisante, voire inadaptée aux besoins quotidiens, en particulier dans les territoires ruraux.
C’est ce que la « convention collective de l’usager » *, promulguée en 2023 par la Fnaut , a mis en avant à travers ses 23 propositions dont certaines répondent précisément aux difficultés soulignées par ce baromètre des mobilités , aussi bien en termes d’information et de simplification d’utilisation que de qualité de service et de sécurité.
-Trouver l’ensemble de l’information sur son trajet en un seul lieu, via la création d’un « guichet unique » multi-opérateurs.
– Disposer d’une information exhaustive et compréhensible sur l’accessibilité
– Trouver l’information sur les modes en correspondance dans toutes les gares
-Acheter facilement sur « un guichet unique » l’ensemble des titres
– Avoir la certitude de payer le même prix, quel que soit le canal de distribution et disposer d’une information complète sur les tarifs disponibles.
– Voir sa carte commerciale nationale et les tarifs sociaux acceptés sur l’ensemble du territoire et pour tous les services
– Être assuré de pouvoir se rendre jusqu’à sa destination en cas d’arrivée tardive consécutive d’un retard de son train
– Pouvoir appeler un numéro d’alerte unique pour l’ensemble des trains
Article de Christiane Dupart, pilote du réseau accessibilité de la Fnaut