Dix ans après les premières mobilisations contre les violences sexistes et sexuelles dans les transports, les progrès sont réels mais les inégalités persistent. Dans un entretien accordé à Mobily-Cités, Christiane Dupart, co-responsable du réseau Accessibilité de la FNAUT, revient sur les avancées obtenues, les défis qui demeurent et les solutions à mettre en œuvre pour garantir à toutes et tous le droit de se déplacer en sécurité.
Dix ans de mobilisation et de progrès
À l’occasion du dixième anniversaire du premier plan national de lutte contre les violences sexistes et sexuelles dans les transports publics, Christiane Dupart dresse un état des lieux sans concession. Si la prise de conscience des pouvoirs publics et des opérateurs de transport a nettement progressé, de nombreuses femmes continuent de modifier leurs trajets, leurs horaires ou leurs modes de déplacement par crainte du harcèlement ou des agressions.
Dans cet entretien, la représentante de la Fnaut rappelle le rôle moteur joué par l’association dès le milieu des années 2010. Les enquêtes menées auprès des usagères ont permis de documenter l’ampleur du phénomène et de faire émerger cette question dans le débat public. Depuis, la fédération participe activement aux travaux menés avec les pouvoirs publics pour améliorer la sécurité dans les transports collectifs.
Concevoir des transports plus sûrs et plus inclusifs
Christiane Dupart insiste notamment sur la nécessité de mieux intégrer les besoins des femmes dans la conception des infrastructures et des services. Éclairage, visibilité, signalétique, aménagement des cheminements ou implantation des arrêts : autant de choix qui influencent directement le sentiment de sécurité et l’usage des transports publics.
L’entretien met également en avant l’intérêt des démarches participatives, comme les marches exploratoires, qui permettent aux usagères de partager leur expérience du terrain et d’identifier les aménagements nécessaires. Une approche que la Fnaut souhaite voir davantage développée afin de construire des réseaux de transport plus inclusifs.
À travers cet échange, Christiane Dupart rappelle enfin que la lutte contre les violences sexistes et sexuelles ne relève pas seulement de la sécurité publique, mais constitue un enjeu majeur d’égalité d’accès à la mobilité et à l’espace public.