L’accès aux gares reste l’un des maillons faibles de la chaîne du voyage ferroviaire. Alors que les difficultés de stationnement, de circulation à vélo ou à pied freinent encore l’usage du train, le cheminement piéton demeure trop souvent négligé, notamment dans les territoires périurbains et ruraux. Pourtant, améliorer l’accès à pied aux gares constitue un levier essentiel pour favoriser le report modal, renforcer l’attractivité du rail et répondre aux enjeux de santé publique comme de transition écologique.
L’accès à la gare : un enjeu majeur
Le sondage IFOP que la Fnaut a commandé en 2024 montre que l’accès aux gares est un enjeu majeur. 77 % des 2003 personnes interrogées estiment qu’il est difficile d’y stationner pour prendre le train, 66 % d’y garer un vélo et 62% qu’il n’est pas agréable de s’y rendre à pied. Les résultats sont systématiquement supérieurs pour ceux qui ne prennent pas le train. Il faut donc améliorer l’accessibilité pour susciter un usage plus fréquent du train. Le même sondage montre que les attentes en matière d’accès aux gares arrive certes après celles en matière de fiabilité, de ponctualité (voir Fnaut INFOS n°311) et de prix (voir Fnaut INFOS n°314), mais avant celles en matière de sécurité et de propreté.
Que faire pour le piéton ?
Depuis longtemps, des parcs-relais sont mis en service pour les automobilistes. Plus récemment, on installe des abris sécurisés pour les cyclistes. mais… que fait-on pour les piétons ? Les personnes à pied sont les plus nombreuses : un tiers des voyageuses et voyageurs entre le lieu de résidence et la gare de départ, et deux tiers des voyageuses et voyageurs entre la gare d’arrivée et le lieu de destination1. En particulier en zone péri-urbaine ou rurale, aller à la gare à pied relève souvent du parcours du combattant : danger, détour, inconfort… Comment améliorer cela ?

Dans un premier temps, observer.
Une méthode scientifique2 est parcourir le trajet du point de vue du piéton en s’aidant d’une grille d’analyse spatiale des cheminements piétons ville-gare, selon quatre critères : l’espace aménagé (c’est la dimension physique), l’espace perçu, l’espace représenté (on s’intéresse au sentiment de difficulté à se repérer, de pénibilité, d’enfermement) et l’espace vécu (on notera alors la densité d’occupation des espaces et notamment la dynamique commerciale). Ainsi, tronçon par tronçon, on peut recenser ce qui doit être fait pour améliorer l’ambiance, la fluidité, la sécurité, les services et la lisibilité du parcours du piéton.
Ensuite, passer à l’action.
Il faut agir à la fois sur la circulation automobile et sur le parcours du piéton. C’est-à-dire d’une part, modérer les flux automobiles, modérer les vitesses, aménager les carrefours au profit des piétons, et augmenter les temps verts des feux de circulation, et d’autre part, sécuriser les traversées piétonnes, désencombrer les trottoirs, soigner le revêtement des sols et améliorer la signalisation piétonne.
Aller à la gare à pied est bon pour la santé et pour l’environnement. Apaiser la circulation automobile et améliorer le parcours du piéton est indispensable, que l’on soit en zone urbaine, péri-urbaine, ou rurale.
1 : Estimation du report modal de la voiture vers le train. Application au Nord-Pas de Calais, CEREMA, avril 2018.
2 : Vaclav Stransky. Une méthode d’analyse spatiale des espaces piétons au service d’un urbanisme orienté vers le rail. RTS, 2011
Article de Jean-Marie Beauvais
Crédit image : Il faut faire des détours. (Email sur lave. Collection particulière Jean-Marie Beauvais)
