« Au lendemain du déraillement d’un train à grande vitesse percuté par un autre dimanche soir en Andalousie en Espagne, de nombreuses questions restent en suspens sur ce drame, impliquant du matériel quasiment neuf sur une ligne droite récemment rénovée. Le bilan provisoire de cette catastrophe ferroviaire est très lourd, avec au moins 40 morts et 123 blessés. » Arthur Sautrel, journaliste du groupe l’EBRA, a interrogé la Fnaut.
« Ce week-end, « il y a eu en plus un manque de chance sur le fait que l’accident s’est produit au moment où deux trains se croisaient », ajoute-t-il. D’après le président de la Renfe, vingt secondes seulement ont séparé le déraillement du premier train et le choc avec le second. À 200 km/h, un train parcourt plus d’un kilomètre dans ce laps de temps. « Il faut environ 3 kilomètres pour stopper un train lancé », rappelle Clive Lamming. Selon de premiers éléments de l’enquête, aucun mécanisme de sécurité du système n’a pu se déclencher à temps.
Le train est « le moyen de transport le plus sûr »
souligne François Deletraz, président de la Fédération nationale des usagers (Fnaut), malgré les circonstances dramatiques. En Espagne, comme en France, le trafic ferroviaire compte de nombreuses normes de sécurité, avec une surveillance régulière des voies ou du matériel roulant. Des balises sont également disposées sur les rails pour contrôler la vitesse des trains : en cas de dépassement de 5 km/h de la vitesse autorisée, un signal sonore est envoyé au conducteur. Sans action de sa part, une procédure d’urgence provoque l’arrêt du train.
François Deletraz ajoute qu’un élément important différencie les TGV de la SNCF et le modèle qui a déraillé en Andalousie :
Le TGV d’Alstom forme un bloc unique, car il est composé de voitures qui ne sont pas indépendantes mais à cheval sur deux essieux. En revanche, les ETR [des rames automotrices utilisées en Espagne par Iryo et en France par Trenitalia, NDLR] peuvent se mettre en accordéon en cas d’accident. Le TGV peut, dans le pire des cas, se coucher sur le côté.
En fonction des éléments recueillis par les enquêteurs, l’accident en Andalousie pourrait-il remettre en cause la circulation des trains de Trenitalia actuellement déployés entre Paris, Lyon, Marseille ou Milan ? Interrogée, la compagnie italienne n’était pas en mesure de nous répondre lundi. »
Crédit image : Le Parisien
