Dépendance automobile renforcée, transport collectif oublié

Les réclamations des habitants des zones périphériques dans le domaine de la mobilité n’ont pas été comprises : la dépendance automobile est renforcée, le transport collectif est oublié. Rien n’est prévu pour développer les alternatives à l’automobile. 

Deux difficultés de fond ont été ignorées : l’éloignement du lieu de travail et la raréfaction des commerces et des services de proximité, qui imposent de longs déplacements quotidiens ; la pénurie et souvent même l’absence d’alternatives à l’usage de la voiture.

 

Mobilité : des décisions dangereuses

Les décisions du gouvernement concernent principalement le coût d’usage de la voiture à court terme : annulation de la hausse des taxes sur les carburants (malgré la baisse récente du prix du pétrole brut) ; report de la réforme du contrôle technique ; renforcement du barème fiscal kilométrique (déjà surévalué).

Ces décisions ne concernent que les ménages motorisés mais elles auront, au détriment de tous, un impact négatif sur la qualité de l’air, la santé publique, le climat, la facture pétrolière (proche de 50 Md€ par an). Elles aggraveront la fragilité de notre système de transport, qui est déjà un quasi-monopole routier.

 

Un signal trompeur donné aux automobilistes

Le gouvernement n’incite les automobilistes ni à se reporter sur les modes de déplacement respectueux de l’environnement (vélo, transport collectif quand il existe), ni même à limiter leur consommation de carburant (écoconduite, respect des limitations de vitesse, covoiturage).

Il ne leur apporte aucune protection contre une remontée, très vraisemblable à moyen terme, du prix du pétrole, qu’une baisse des taxes sur les carburants ne pourra compenser que marginalement.

 

Un impératif oublié : se dégager de la dépendance automobile

Les habitants des zones périurbaines et rurales réclament des alternatives crédibles à l’usage quotidien de la voiture. Ces territoires peuvent être desservis efficacement et à des coûts raisonnables par des trains ou des cars (voir annexe). Mais cette possibilité est ignorée par le projet de loi sur les mobilités (LOM). 

En privant l’Etat de plusieurs Md€ de recettes, les décisions du gouvernement vont pénaliser les services publics dans les zones périphériques, où les transports publics resteront sous-développés ou inexistants.

 

La FNAUT demande donc au gouvernement :

de fixer le taux de TVA à 5,5 %, au lieu de 10 %, sur les transports publics de proximité ;

d’étendre la taxation des carburants fossiles aux camions, aux avions et aux navires ;

de consacrer une part accrue du produit des taxes aux transports publics et aux aménagements cyclables, afin de sauvegarder les « petites lignes » ferroviaires et routières menacées de disparition ;

- de mettre en place une concertation permettant aux usagers d’exprimer leurs besoins de mobilité.

 

- Annexe

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