LGV : la FNAUT s’étonne des intentions du gouvernement

tgvrhoneS’appuyant sur une recommandation de la Cour de Comptes, le ministre délégué au Budget, Jérôme Cahuzac, vient de déclarer que le gouvernement pourrait renoncer à de nouvelles liaisons ferroviaires à grande vitesse (LGV) afin d’économiser l’argent public.

Le Schéma National des Infrastructures de Transports (SNIT) publié par le gouvernement précédent et dénoncé de longue date par la FNAUT, est certes une collection de projets coûteux (260 milliards d'euros, dont un tiers à la charge de l'Etat et un autre tiers à la charge des collectivités locales), incohérents, non hiérarchisés et non financés.

Il est cependant étonnant que le ministre focalise son attention sur les LGV. A juste titre, il estime prioritaire une rénovation du réseau ferré classique – mais sans annoncer les nouveaux moyens financiers nécessaires pour l’accélérer. Cette approche n’est pas satisfaisante.

1 - Des économies sont nécessaires, mais elles doivent porter en priorité sur les projets inutiles ou nocifs pour l’environnement : autoroutes (A45, A831,…) dont on sait depuis longtemps qu’elles ne permettent pas de venir à bout de la congestion routière ; aéroport de Notre-Dame-des-Landes ; canal à grand gabarit Seine-Nord, qui placerait l’Ile-de-France dans l’orbite des ports belges et néerlandais au détriment du Havre, dont il faudrait au contraire renforcer la desserte ferroviaire.

2 - La pénurie d’argent public n’est pas inéluctable. De nombreuses niches fiscales anti-environnementales peuvent être supprimées : non-taxation du kérosène consommé en transport aérien intérieur, sous-taxation du carburant diesel par rapport à l’essence, surestimation d’environ 30% du coût d’usage de l’automobile par le barème fiscal kilométrique,… Plusieurs milliards d’euros par an sont disponibles.

3 – Outre les gains de temps qu’elle peut apporter aux voyageurs, et qui n’ont rien de marginal, la construction de nouvelles LGV bien sélectionnées permet de réduire les trafics aérien et routier (dont les nuisances locales, la consommation d’énergie et les émissions de gaz à effet de serre sont particulièrement élevées), et de désaturer le réseau classique (en particulier les lignes littorales Perpignan-Montpellier et Marseille-Nice) au bénéfice du TER. Aucun programme de redéveloppement du fret ferroviaire n’est possible sans des LGV absorbant le trafic voyageurs.

La FNAUT attend donc du gouvernement qu’il révise le SNIT sans a priori, en effectuant un tri raisonné parmi les projets de LGV, qui ne sont pas tous prioritaires, et en cherchant à provoquer les transferts de trafic les plus bénéfiques pour l’environnement.

 

Contact presse : Jean Sivardière, président, téléphone 04 76 75 23 31.

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