En cherchant leurs horaires pour 2027, les usagers ont eu la désagréable surprise de découvrir la suppression des navettes autocars desservant la gare TGV Haute-Picardie depuis Amiens et St Quentin. Il faudra désormais aller chercher à Arras ou à Lille les TGV ou Ouigo qui desservent Roissy et contournent Paris ! Ce n’est certainement pas la meilleure manière de nous faire préférer le train : fidèle à ses habitudes, la SNCF réduit ses services dans la plus totale discrétion, comme elle avait déjà réduit de 11 (en 2011) à 3 (en 2025) le nombre de ces navettes journalières : une desserte inadaptée digne d’un autocar de campagne !
Mais ce n’est que la partie visible de l’iceberg car ceci va de pair avec une réduction des arrêts de TGV ou Ouigo dans cette gare, déjà réduits de plus de moitié depuis 2011 : la SNCF prévoit désormais la suppression des arrêts de TGV vers l’ouest et le sud-ouest en 2028, puis ceux vers Strasbourg et le sud-est disparaîtraient en 2029 pour permettre des trajets supplémentaires Paris-Londres, selon les sillons prévus par SNCF Réseau.
La FNAUT a toujours été défavorable aux gares TGV en rase campagne, conçues par la SNCF comme des aéroports accessibles uniquement par la route. D’autant plus ici, alors qu’à cinq kilomètres plus au sud il aurait été possible de se connecter aux TER Amiens – St Quentin à Chaulnes. Les autocars sont malcommodes, obligeant les voyageurs à se casser le dos pour mettre les bagages en soutes et de plus ils sont supprimés en cas de neige.
Mais dans le cas présent il n’y a rien d’autre pour accéder à la grande vitesse, car même le barreau Roissy Picardie ne sera ouvert qu’en 2028, avec une desserte partielle vers St Quentin mais délaissant Amiens… . Cette suppression anticipée du seul lien d’Amiens et St Quentin avec les TGV est inadmissible et constitue une trahison pour les territoires concernés, à qui on avait fait miroiter les potentialités de cette gare dans les années 1990. Y supprimer les arrêts de TGV aura des impacts encore plus larges concernant tout le centre de la Picardie et le sud du Pas-de-Calais.
La FNAUT HdF demande à la SNCF de maintenir ces liaisons et de cesser la dégradation des services à grande vitesse de la gare TGV Haute Picardie.



