Une artère essentielle pour la Région et ses liaisons extérieures
Les fortes pluies de février ont mis sous tension Nantes / Angers, principale liaison ferroviaire de la Région reliant ses 3 grandes villes entre elles et avec le reste du territoire, vers Paris, l’Est, le Nord, le Centre et Lyon, la Loire moyenne, etc… La voie ferrée n’a pas été inondée, mais il a fallu ralentir les trains face aux risques sur le talus support et les ouvrages ; plusieurs gares (le Cellier, Oudon, Varades), ont été fermées du fait de souterrain inondé ne permettant plus l’accès aux quais.
Si des trains longue distance ont été annulés, la desserte de petites gares de la vallée par le TER a été plusieurs jours drastiquement réduite, sans solution alternative proposée. Or , entre Angers et Nantes, grâce à une desserte relativement dense, le fer assure plus de la moitié des déplacements, même si la proportion est plus faible pour les navetteurs aux trajets plus courts. Comme le télétravail ne convient pas à tous types d’activité, et que tout le monde n’a pas la disponibilité d’une voiture, l’impact pour les usagers est lourd.
Mettre en place à court terme des alternatives
Le réchauffement climatique promettant plus de précipitations concentrées quelques mois dans l’année, développer des alternatives limiterait les contraintes de déplacements lors de perturbations, qui peuvent dépasser la semaine. Les usagers demandent le maintien du service le plus efficace possible, ce qui nécessite adaptation des moyens et mutualisation des places disponibles :
Mieux utiliser la route Le covoiturage offre quelques possibilités, en particulier entre voisins ou collègues. Aucune substitution routière par cars n’a été proposée. S’il est difficile de multiplier des services exceptionnels par manque de cars et de chauffeurs, il devrait être au moins possible de faire tourner plus intensément les cars des lignes Aléop actuelles au départ d’Angers vers Ingrandes, St Florent, Chalonnes, et de Nantes vers la Chapelle basse Mer, sur des lignes aux fréquences de passage actuellement limitées.
Maintenir une desserte TER minimale au minimum matin, midi et soir, ce qui n’est pas toujours le cas : ainsi le déplacement de résidents d’Angers vers les gares entre Angers et Ancenis était très contraignant : pas de TER direct le soir pour en rentrer avant quasiment 21 h, (sauf avec un long crochet et une correspondance à Ancenis).
Mutualiser l’accès des trains circulants L’émiettement des offres de transport entre autorités organisatrices, opérateurs du TER et des grandes lignes, pénalise particulièrement les usagers du TER, dont l’offre a parfois été très réduite.
La pratique actuelle autorisant les passagers des seuls TER déprogrammés au dernier moment à emprunter un TGV est insuffisante. Les abonnés des TER de proximité devraient avoir la possibilité d’emprunter tous les trains nationaux sur cette voie ferrée d’intérêt collectif, alors qu’ils ont été particulièrement sacrifiés pour laisser passer les trains longue distance, qui entre Angers et Nantes disposent de sièges libres. Faire arrêter plus de trains nationaux à Ancenis créerait aussi des opportunités pour ces abonnés locaux.
Améliorer la liaison Nantes / Angers par Cholet
Les 40 km touchés en premier par les inondations étaient entre Ancenis et la Possonnière.

Une desserte moins sensible aux inondations Nantes / Clisson / Cholet / la Possonnière / Angers est possible en en coordonnant ou en soudant ou les dessertes Nantes / Cholet et Angers / Cholet, malgré les 15’ au moins nécessaires au rebroussement en gare de Cholet. Ce trajet Nantes / Angers en 1h40 serait nettement plus long qu’en TGV (40’) ou par les omnibus de la ligne actuelle Nantes / Angers (près d’une heure). Il est aussi à voie unique, avec une capacité plus limitée. Mais outre son rôle d’alternative de secours, la liaison par Cholet permettrait des liaisons utiles à ceux qui voyagent entre l’Anjou, la Vendée Nord et le Sud Est de Nantes (via Clisson et son tram-train).
Et à long terme ?
Outre sa sensibilité aux inondations, la ligne actuelle est saturée aux heures de pointe, avec une cohabitation contraignante entre trains aux vitesses différentes (TGV, fret et omnibus). L’amélioration programmée de la signalisation doit permettre de faire passer chaque heure quelques trains en plus, mais les besoins des usagers sont élevés, qu’il s’agisse de longue distance, du TER à l’offre insuffisante, et du projet du RER/SERM (Service Express Régional Métropolitain) autour de Nantes, mais aussi d’Angers.
Une troisième voie est peu d’envisageable dans un site protégé et difficile (falaises, proximité de la Loire), sauf ponctuellement, par exemple de Nantes à Mauves pour la desserte périurbaine. Le doublage par une nouvelle ligne au tracé différent a donc déjà été évoqué, par le Nord ou par le Sud de la Loire. Un projet de long terme, qui demande de prévoir et préserver au moins les entrées possibles à Angers et Nantes (cf l’emprise ferroviaire Doulon Carquefou).
