Le canal Seine-Nord-Europe : un grand projet inadapté et ruineux

La FNAUT est opposée au projet de canal Seine-Nord-Europe (CSNE) : le transfert modal serait décevant, le coût excessif et les risques très sérieux pour les ports français.

La FNAUT est favorable au transport du fret sur les fleuves (l’Escaut, la Seine et le Rhône relient de grands ports à de grands centres industriels et possèdent d’importantes réserves de capacité) et sur les canaux existants. 

Un transfert modal décevant

Selon le rapport très alarmiste Massoni-Lidsky (Conseil général du développement durable et Inspection générale des finances) publié en 2013, 63 % du trafic du canal proviendraient de la route (soit 3,8 % seulement du fret routier actuel sur l’A1) et 37 % du rail (soit 13,3% du fret ferroviaire actuel) : un transfert de peu d’intérêt environnemental ou économique, le réseau ferré n’étant pas saturé.

Selon l’ADEME, si une tonne-kilomètre de fret passe de la route à la voie d’eau, 50 grammes de CO2 sont économisés ; si elle passe du rail à la voie d’eau, 32 grammes supplémentaires sont émis.

Un coût excessif, un financement très lacunaire

Le coût annoncé du CSNE – 4,5milliards d’euros – exige, outre la participation non assurée de l’Union Européenne (1,8 milliard d’euros), une forte contribution de l’Etat (un milliard) et des collectivités territoriales concernées (un milliard également) ainsi qu’un emprunt de 700 millions non financé.

Ce coût ne comprend ni celui des 4 plateformes multimodales prévues le long du canal, ni celui de la mise au gabarit de 4 400 tonnes des voies navigables encadrant le CSNE : un relèvement très coûteux des ponts serait nécessaire, faute de quoi les convois fluviaux ne pourraient transporter que 2 couches de conteneurs et non 3, l’exploitation du CSNE serait alors déficitaire. Qui financerait ces travaux ? 

Un effet pervers dangereux

Ce n’est pas l’hinterland des ports du Havre et de Rouen qui serait élargi à l’Europe du Nord, mais celui d’Anvers et Rotterdam qui serait renforcé en Ile-de-France au détriment des deux ports français, où d’importants investissements ont été réalisés récemment.

La FNAUT demande donc au gouvernement d’abandonner le projet CSNE en raison de son impact environnemental décevant, de son coût excessif et de ses effets pervers prévisibles. Il faut en priorité élargir l’influence des ports du Havre et de Rouen en rendant leur desserte ferroviaire vers l’est et le sud plus performante, et mettre en place une autoroute ferroviaire Lille-Espagne.

 

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